La crise qu’a traversé l’Europe à l’automne dernier a mis tous les observateurs d’accord : la zone euro a beau partager la même politique monétaire, sa dispersion la fragilise dans une économie aujourd’hui globale.

Alors que des grands pays comme l’Italie ou l’Espagne sont contraints par la force des marchés à des redressements budgétaires spectaculaires, on est en droit de se poser des questions de fond sur le fonctionnement actuel de l’Europe.

La solution proposée par Merkel, Sarkozy et Monti : renforcer la gouvernance économique de l’Europe pour que le continent agisse enfin en un seul bloc, pouvoir peser sur la planète de tout le poids économique dont nous continuons, malgré tout, à disposer. Ce discours est celui du bon sens. Les économies européennes doivent converger, tant au niveau budgétaire que fiscal.

Cependant, le doute s’installe lorsque l’on entend que ce sont aux États-Nations, seuls, de décider de la stratégie à adopter. Dans une Europe à 27, un accord entre membres n’est possible qu’en imposant par un rapport de force la volonté des uns contre celles des autres. Et forcément, la question de la légitimité démocratique finit par se poser. L’U.E dispose d’une institution dont la portée démocratique est incontestable, il s’agit du Parlement Européen. Nous sommes en droit de nous poser la question si il n’a pas un rôle plus important à jouer dans la validation de décisions économiques qui nous concernent tous.